À ceux qui ironisent sur la chute de Bitcoin de 70 % en 2022
- À ceux qui ironisent sur la chute de Bitcoin de 70 % en 2022
- Chiffres clés de bitcoin pour la finance
- Valeur de Bitcoin en 2022 et en 2025
- Calcul du redressement depuis
- France / Europe
- Baisses historiques sur le CAC 40
- Indice global CAC 40
- Composants individuels
- Monnaies ayant chuté de plus de 70 %
- Hyperinflations historiques
- Crises modernes
- États ayant abandonné ou remplacé leur monnaie après chute ≥70 %
- Conclusion

À ceux qui ironisent sur la chute de Bitcoin de 70 % en 2022
Certes, Bitcoin a connu une chute de plus de 70 % en 2022. Mais contrairement aux marchés financiers classiques ou aux monnaies fiduciaires, il n’a jamais été sauvé au détriment des populations. Aucun plan de relance financé par la dette publique, aucune nationalisation, aucun transfert de pertes vers les contribuables. Le marché a absorbé la baisse. Il s’est relevé seul. Ce n’est pas le cas des actifs traditionnels.
Chiffres clés de bitcoin pour la finance
Bitcoin est un géant, voici quelques éléments pour en témoigner:
- Capitalisation (entreprises) 5ᵉ au classement mondial, loin devant les banques fr
- **Capitalisation (monnaies, M2) 6ᵉ au classement mondial **
- Nombre d’utilisateurs / clients ≈ 425 millions d’individus, loin devant les banques fr
- Revenu « mining Bitcoin » leader crypto ≈ 16 milliards USD/an
- Cybersécurité ≈ 3 milliards USD/an
- Bitcoin est x 24 à x 28 moins illicite ques les euros
- Bitcoin : Part des flux illicites / total 0,13 à 0,15 % (46 Mds €)
- Euros : 3 à 7 % Flux illicites absolus (1 300 Mds €)
Valeur de Bitcoin en 2022 et en 2025
À la clôture du 31 décembre 2022, le cours de Bitcoin était de 16 547,50 USD. En 2022, il a donc reculé de ‑64,3 % sur l’année entière.
Au début de 2025, le cours atteint environ 106 800 USD à 114 800 USD.
Coût pour les utilisateurs :
- Chute absorbée uniquement par ceux qui ont acheté haut sans vendre, mais vendu après sa remontée
- Aucun transfert forcé, aucune spoliation collective.
- Aucune banque centrale n’a manipulé l’offre ni forcé les citoyens à compenser.
Calcul du redressement depuis
- Valeur de fin 2022 : 16 547,50 USD
- Valeur en 2025 : ≈ 110 000 USD
- Rendement approximatif : (110 000 / 16 547,5) – 1 ≈ +565 %
France / Europe
Euro (EUR) Inflation cumulée depuis 1999 : +65 % Perte de pouvoir d’achat réel estimée : –50 à –60 % dans de nombreuses régions → Pas de chute nominale de 70 % face au dollar, mais dégradation continue et structurelle du pouvoir d’achat
Coût pour les populations :
- Hausse du coût de l’énergie, des logements, des services publics.
- Déconnexion croissante entre salaires et coût de la vie réelle.
- Marginalisation des épargnants prudents (livrets, assurance-vie).
- Perte de souveraineté monétaire pour les pays les plus fragiles.
Franc CFA (Géré par la Banque De France) Dévaluation de –50 % en un jour en 1994 Inflation cumulée (1958–2024) : perte de pouvoir d’achat supérieure à –90 %
Coût pour les populations :
- Choc d’appauvrissement soudain pour les ménages et entreprises non exportatrices.
- Déséquilibre accru entre élites converties à l’euro et populations dépendantes du FCFA.
- Transfert structurel de valeur vers la France via la centralisation des réserves au Trésor.
Baisses historiques sur le CAC 40
Indice global CAC 40
Mars 2000 – Mars 2003 : éclatement de la bulle internet Baisse maximale : –65,4 %
Coût pour les populations :
- Destruction massive de l’épargne investie en plans d’épargne en actions (PEA) ou OPCVM.
- Licenciements dans les secteurs télécoms et technologiques (Alcatel, France Télécom, Bull).
- Gel ou réduction des salaires dans les grandes entreprises cotées.
- Baisse de la croissance, report des embauches, précarisation des jeunes diplômés (effet scarring).
Juin 2007 – Mars 2009 : crise des subprimes Baisse maximale : –59,1 %
Coût pour les populations :
- Nationalisation partielle ou totale de banques avec fonds publics (Dexia, Natixis).
- Plans d’austérité pour compenser les déficits induits par les sauvetages bancaires.
- Explosion du chômage (surtout jeunes et seniors).
- Réduction du pouvoir d’achat, gel du point d’indice dans la fonction publique.
- Hausse des impôts différée dans le temps (impact intergénérationnel).
Février – Mars 2020 : crise du COVID-19 Baisse maximale : –39 %
Coût pour les populations :
- Suspension de l’activité de millions de travailleurs (confinement, chômage partiel).
- Transfert massif de dette vers les États pour soutenir la liquidité.
- Perte de libertés fondamentales (circulation, travail, soins).
- Fermeture définitive de nombreuses TPE et PME.
- Dégradation durable des finances publiques, inflation induite par la création monétaire ultérieure
Composants individuels
France Télécom (aujourd’hui Orange) Baisse de –90 % entre 2000 et 2002 (bulle internet)
Coût pour les populations :
- Destruction de l’épargne salariale et retraite complémentaire de dizaines de milliers de salariés.
- Licenciements massifs, sous-traitance forcée, réorganisations internes violentes.
- Suicide en série lié aux politiques managériales post-crise (affaire des suicides à France Télécom).
Alcatel (aujourd’hui fusionné dans Nokia) Baisse de –95 % (bulle internet)
Coût pour les populations :
- Perte de leadership industriel européen en télécoms.
- Délocalisations, licenciements, fusion-absorption étrangère.
- Disparition d’un pan stratégique de l’économie française.
Peugeot (PSA) Baisse de –80 % (crise 2008–2012)
Coût pour les populations :
- Fermeture d’usines (Aulnay-sous-Bois).
- Réduction des droits syndicaux, précarisation des intérimaires.
- Aides massives de l’État (crédit d’impôt, prime à la casse) financées par la collectivité.
Société Générale, BNP Paribas, Crédit Agricole Baisse de –70 à –80 % (crise financière 2008)
Coût pour les populations :
-
Sauvetage bancaire indirect par garantie d’État sur les émissions obligataires.
-
Concentration du secteur, hausse des frais bancaires, baisse des taux sur l’épargne populaire.
-
Privatisation des profits, socialisation des pertes.
-
Technip, Vallourec, CGG Baisse de –80 à –99 % (chute du secteur parapétrolier 2014–2016)
Coût pour les populations :
- Effondrement du tissu industriel parapétrolier français.
- Perte d’emplois hautement qualifiés (ingénierie, offshore).
- Dépendance accrue aux importations étrangères pour des composants énergétiques critiques.
Monnaies ayant chuté de plus de 70 %
Hyperinflations historiques
République de Weimar – Papiermark (1922–1923) Chute de –100 % Prix multipliés par 10⁹ en deux ans
Coût pour les populations :
- Salaires payés deux fois par jour pour conserver du pouvoir d’achat.
- Famine, chômage, ruine de la classe moyenne.
- Montée des extrémismes, destruction du contrat social.
- Débouché historique : nazisme et guerre mondiale.
Zimbabwe – Dollar zimbabwéen (2000–2008) Chute de –100 % Hyperinflation mensuelle de 79,6 milliards % → Devise abandonnée
Coût pour les populations :
- Anéantissement complet de l’épargne.
- Transactions au kilo de billets, disparition de l’économie monétaire.
- Exode massif, insécurité alimentaire, dollarisation forcée.
Crises modernes
Argentine – Peso (2001, 2018, 2023) Chutes cumulées de –75 à –96 % Exemple : ARS/USD = 18 en 2018 → 500+ en 2023 Inflation 2023 : >140 %
Coût pour les populations :
- Gel des dépôts bancaires (“corralito”) en 2001.
- Faillite d’État, perte d’accès au crédit international.
- Inflation > 140 % en 2023, explosion de la pauvreté.
- Baisse massive du niveau de vie dans toutes les strates sociales.
Venezuela – Bolívar (2013–2020) Chute de –99,99 % Plusieurs reconversions monétaires nécessaires
Coût pour les populations :
- Ruptures alimentaires, effondrement du système hospitalier.
- Pénuries de médicaments, migration de masse.
- Économie de troc, usage généralisé de monnaies étrangères (USD, BTC).
Turquie – Livre turque (TRY) Chute de –90 % face au dollar depuis 2008 Inflation annuelle dépassant 80 %
Coût pour les populations :
- Hausse continue des prix de l’énergie et des produits alimentaires.
- Appauvrissement de la population urbaine.
- Fuite des capitaux, montée de l’autoritarisme politique.
Russie – Rouble (RUB) Crise 1998 : –75 % Crise 2014 : –60 % Post-Ukraine 2022 : –60 % en quelques mois
Coût pour les populations :
- Chute du pouvoir d’achat, inflation importée.
- Contrôle des capitaux, gel des avoirs en devises.
- Sanctions économiques répercutées sur les ménages.
Liban – Livre libanaise (LBP) Chute de –98,5 % depuis 2019 Taux officiels fictifs, explosion du marché noir
Coût pour les populations :
- Banques fermées, confiscation des dépôts.
- Explosion du marché noir et des inégalités.
- Services publics paralysés (santé, éducation, énergie).
Égypte – Livre égyptienne (EGP) Chute cumulée de –75 % (2016, 2022–2023) **Chute cumulée : –75 % **
Coût pour les populations :
- Réformes imposées par le FMI : suppression des subventions, fiscalité régressive.
- Appauvrissement massif des classes moyennes.
- Hausse des suicides économiques, de la criminalité liée à la survie.
Ukraine – Hryvnia (UAH) Chute totale de –90 % depuis 2008
Coût pour les populations :
- Réduction drastique du pouvoir d’achat, explosion de la dette publique.
- Dépendance financière envers les bailleurs étrangers.
- Fuite des talents, réduction des services essentiels.
Islande – Couronne (ISK) Chute de –75 % (2008–2010) après effondrement bancaire
Coût pour les populations :
- Effondrement du système bancaire.
- Nationalisation d’urgence, austérité imposée.
- Perte de compétitivité salariale pendant plusieurs années.
Hongrie – Pengő (1945–1946) Hyperinflation record mondial (10²¹) → 1 nouveau forint = 400 000 quadrillions de pengő
Coût pour les populations :
- Ruine totale de l’économie.
- Effondrement du commerce intérieur.
- Nécessité de repartir d’un zéro monétaire absolu.
États ayant abandonné ou remplacé leur monnaie après chute ≥70 %
Bulgarie : nouveau lev (1999)
**Coût pour les populations : **inflation galopante, austérité imposée
Pologne : nouveau zloty (1995), 1 : 10 000
**Coût pour les populations : **perte de valeur des anciennes obligations, réforme douloureuse
Brésil : real (1994) après six monnaies échouées
**Coût pour les populations : **instabilité sociale chronique, perte de confiance
Ukraine, Kazakhstan, Arménie : remplacement post-soviétique avec fortes dévaluations
**Coût pour les populations : **appauvrissement généralisé post-soviétique
Ex-Yougoslavie : dislocation monétaire et remonétisation par État
**Coût pour les populations : **guerre civile, explosion de la misère
Conclusion
Comparer une chute de Bitcoin à celle d’un actif ou d’une devise implique de poser la question suivante : qui a payé pour la chute ?
- Lorsqu’une action du CAC40 s’effondre, les épargnants trinquent et les dirigeants sont indemnisés.
- Lorsqu’une monnaie fiduciaire chute, les citoyens paient par la perte de pouvoir d’achat, les impôts futurs, ou l’exil monétaire forcé.
- Lorsque Bitcoin chute, il chute sans planche à billets, sans effet secondaire collectif, sans sauvetage sur fonds publics. Et pourtant il rebondi plus fort et sa volatilité se stabilise. Il représente, une anomalie systémique au regard du fonctionnement habituel des marchés et des monnaies et se montre bien plus protecteur.